Article: Fertilisants biologiques, organiques et écologiques : alternatives durables pour l’agriculture en Europe et en Amérique latine

Fertilisants biologiques, organiques et écologiques : alternatives durables pour l’agriculture en Europe et en Amérique latine

L’agriculture moderne est confrontée au défi d’accroître la productivité sans compromettre l’environnement. Dans ce contexte, les engrais biologiques, organiques et écologiques sont devenus des piliers de la fertilisation durable, notamment en Europe et en Amérique latine. Ces amendements nutritifs d’origine naturelle améliorent non seulement la santé du sol, mais réduisent également la dépendance aux intrants chimiques. Actuellement, plus de 18,5 millions d’hectares en Europe et 9,5 millions en Amérique latine sont cultivés selon des pratiques écologiques, ce qui témoigne de l’adoption croissante de ces alternatives vertes sur les deux continents.

Que sont-ils et en quoi diffèrent-ils ?

Les engrais organiques et les engrais écologiques sont souvent utilisés comme synonymes pour désigner les engrais provenant de matières naturelles (résidus végétaux, fumiers animaux, compost, etc.) qui sont utilisés conformément aux normes de l’agriculture biologique. En Europe, il est courant de parler d’agriculture biologique pour ce qui est appelé agriculture organique en Amérique latine ; dans les deux cas, cela implique l’absence de produits chimiques de synthèse. Ces engrais fournissent des nutriments essentiels de manière progressive et améliorent la structure du sol sans polluer l’environnement. En fait, un engrais organique bien géré « ne pollue ni le sol, ni l’eau, ni l’air, est peu coûteux et peut augmenter la production des cultures jusqu’à 30 % sans engrais chimiques ». Cela signifie que l’utilisation d’engrais organiques contribue à la fois à la durabilité environnementale et à la rentabilité agricole.

Pour sa part, le terme fertilisants biologiques fait généralement référence aux biofertilisants à base de micro-organismes bénéfiques. Ces produits contiennent des bactéries ou des champignons qui améliorent la disponibilité des nutriments pour les plantes. Par exemple, certains biofertilisants comprennent des bactéries solubilisant le phosphore ou fixant l’azote qui sont appliquées à la semence ou au sol pour stimuler la croissance des racines. En d’autres termes, les engrais biologiques « sont des produits dérivés de micro-organismes… qui sont pulvérisés lors du semis » pour enrichir l’environnement de la plante. Cette approche bio va au-delà de la fourniture de nutriments : elle crée une symbiose entre les microbes et les cultures, augmentant ainsi la fertilité du sol de manière naturelle.

En pratique, organique, écologique et biologique se réfèrent souvent au même concept général d’engrais naturel et durable, mais avec des nuances : « organique/écologique » met l’accent sur l’origine naturelle et la certification pour l’agriculture biologique, tandis que « biologique » peut souligner la participation d’organismes vivants dans sa formulation. Tous partagent l’objectif de nourrir les cultures de manière responsable avec l’environnement.

Types de fertilisants naturels disponibles

Il existe différentes catégories de fertilisants organiques/biologiques, chacune ayant des caractéristiques particulières :

  • Fumiers et guanos : Déchets animaux (fumier de bovins, fiente de volaille, guano d’oiseaux marins) riches en azote et autres nutriments. Ils doivent être compostés ou mûris avant d’être appliqués. Ils améliorent considérablement la teneur en matière organique du sol.
  • Compost et humus de lombric : Résultant de la décomposition contrôlée des déchets organiques domestiques, agricoles ou d’élagage. Ce sont des amendements équilibrés qui fournissent des nutriments et améliorent la structure du sol. Le lombricompost ou humus de lombric est particulièrement précieux en raison de sa richesse en micro-organismes bénéfiques.
  • Engrais verts : Cultures (telles que les légumineuses, la moutarde, le seigle) qui sont semées puis incorporées au sol avant de fructifier. Ils fournissent de la matière organique fraîche et de l’azote (dans le cas des légumineuses qui fixent l’azote atmosphérique) et aident à protéger le sol de l’érosion.
  • Farines et amendements organiques : Sous-produits tels que la farine d’os (riche en phosphore et en calcium), la farine de sang, le tourteau de neem, la farine de poisson, entre autres, qui fournissent des nutriments spécifiques. Par exemple, la farine d’os libère lentement du phosphore et le tourteau de neem, en plus de nourrir, peut agir comme un répulsif contre les parasites.
  • Biofertilisants microbiens : Préparations commerciales qui contiennent des souches de micro-organismes bénéfiques. Quelques exemples sont les inoculants de Rhizobium (bactérie qui forme des nodules dans les racines des légumineuses pour fixer l’azote), Azospirillum (bactérie favorisant la croissance des racines), les mycorhizes (champignons qui augmentent l’absorption du phosphore et de l’eau) et Trichoderma (champignon qui décompose la matière organique et peut supprimer les agents pathogènes du sol). Ces intrants biologiques renforcent les processus naturels du sol et de la rhizosphère.
  • Amendements minéraux naturels : Bien que le terme « organique » exclue généralement le minéral, certains minéraux d’origine naturelle sont autorisés en agriculture biologique pour corriger les carences. Par exemple, la roche phosphatée (source de phosphore), la chaux agricole (pour fournir du calcium et corriger le pH) ou le sulfate de potassium d’origine minérale. Ce ne sont pas des engrais organiques au sens strict (ils ne proviennent pas d’êtres vivants), mais ils complètent ces derniers en fournissant des éléments qui peuvent manquer dans les engrais organiques purs.

Chaque type d’engrais écologique a sa fonction. Souvent, plusieurs sont combinés : par exemple, un agriculteur peut appliquer du compost comme base et compléter avec un biofertilisant microbien spécifique pour maximiser les résultats. Cette synergie reproduit ce qui se passe dans les sols fertiles naturels, où la matière organique, les minéraux et la vie microbienne agissent ensemble.

Avantages de la fertilisation organique/écologique

L’utilisation d’engrais organiques et biologiques présente de nombreux avantages agronomiques et environnementaux :

  • Amélioration de la santé du sol : En fournissant de la matière organique, ces engrais augmentent l’activité des micro-organismes bénéfiques et la biodiversité dans le sol. Avec le temps, des sols plus spongieux se forment, avec une meilleure structure et une meilleure capacité de rétention d’eau. Un sol riche en humus subit moins d’érosion et retient les nutriments qui seraient autrement perdus par lessivage.
  • Nutrition équilibrée et libération progressive : Contrairement aux engrais chimiques à libération rapide, les engrais organiques libèrent les nutriments progressivement au fur et à mesure de leur décomposition. Cela fournit une nutrition plus stable pendant le cycle de la culture et évite les pics de salinité ou les brûlures des racines. Par exemple, l’azote du fumier composté se minéralise lentement, se synchronisant mieux avec les besoins de la plante.
  • Meilleure rétention d’humidité : La matière organique agit comme une éponge dans le sol. Un sol amendé avec du compost peut retenir plus d’eau de pluie ou d’irrigation, ce qui est très précieux dans les climats secs. Cela améliore la résilience des cultures face aux sécheresses courtes.
  • Réduction de la pollution et effet environnemental positif : Les engrais écologiques évitent la pollution des nappes phréatiques et des rivières par les nitrates ou autres produits chimiques lessivés, un problème courant lorsque l’on abuse des engrais synthétiques. Provenant de déchets recyclés, ils diminuent également l’accumulation de déchets (par exemple, la réutilisation du fumier des élevages intensifs évite qu’il ne devienne un déchet polluant). Ainsi, ils contribuent à l’économie circulaire, en réutilisant les sous-produits organiques qui seraient autrement gaspillés. L’Argentine, par exemple, voit un énorme potentiel dans la transformation des millions de tonnes de fumier de ses productions animales en engrais à base biologique, réduisant ainsi l’impact environnemental et fermant les cycles nutritifs.
  • Sécurité alimentaire et certifications : Les cultures fertilisées de manière organique répondent généralement plus facilement aux normes de production biologique, très appréciées sur les marchés internationaux. Les consommateurs en Europe et en Amérique préfèrent les aliments produits sans produits chimiques synthétiques, les associant à une meilleure santé et à une meilleure qualité. Avoir des sols fertiles de manière naturelle permet d’obtenir des produits « organiques » certifiés, accédant ainsi à des créneaux de marché de plus grande valeur.
  • Avantages agronomiques à long terme : Bien que la libération des nutriments soit lente, l’effet résiduel de la matière organique profite aux récoltes suivantes. On observe souvent que les exploitations en transition vers le biologique peuvent avoir quelques années initiales d’ajustements, mais après avoir augmenté le niveau d’humus, la productivité se stabilise et augmente même avec moins d’intrants externes. Des études indiquent que la combinaison d’engrais organique avec de petites doses d’engrais minéraux peut être très efficace : l’engrais organique crée la base pour une utilisation plus efficace de tout engrais supplémentaire. En résumé, la fertilité intrinsèque du sol est améliorée, ce que les intrants chimiques seuls ne parviennent pas à faire.

Défis et considérations

Malgré leurs avantages, les fertilisants écologiques présentent certains défis qu’il convient de gérer correctement :

  • Libération des nutriments plus lente : Il faut bien planifier la fertilisation, car les nutriments ne sont pas immédiatement disponibles. Par exemple, l’application de compost ou de fumier des mois avant le semis permet aux nutriments de se minéraliser à temps. Dans les cultures à croissance rapide, il est parfois nécessaire de compléter avec des sources rapidement assimilables (organiques ou autorisées) en cas de carences.
  • Densité nutritive inférieure : En général, les engrais organiques ont des concentrations de N, P, K plus faibles qu’un engrais chimique concentré. Cela implique que des doses en volume plus importantes sont nécessaires. La gestion logistique (transport, stockage, application) peut être plus intense. Cependant, les technologies modernes produisent des engrais organiques concentrés de haute efficacité. Un exemple est le cas d’ECOGANIC NitroTech 16, un engrais organique liquide avec 16 % d’azote hautement biodisponible, qui permet une croissance vigoureuse comparable à celle d’un engrais synthétique traditionnel.
  • Variabilité de la composition : La qualité d’un engrais organique dépend de sa source et de son processus. Un compost mal fait peut manquer de nutriments ou contenir des graines de mauvaises herbes ; un fumier frais peut provoquer une phytotoxicité. Par conséquent, il est important de disposer de fournisseurs fiables ou de contrôles de qualité (analyse des nutriments) dans l’exploitation. De nombreuses entreprises de certification vérifient également les intrants autorisés dans la production biologique.
  • Normes et certification : Pour utiliser le terme « écologique » ou « organique » dans les produits agricoles, les engrais appliqués doivent être autorisés par les normes correspondantes (règlement (UE) 2018/848 en Europe, normes organiques nationales dans les pays d’Amérique latine, ou normes internationales telles que celles de l’USDA Organic, de l’IFOAM, etc.). Cela limite l’utilisation de certains amendements naturels qui ne figurent pas sur les listes approuvées. Heureusement, la gamme d’intrants autorisés est large et ne cesse de croître à mesure que leur efficacité est étudiée et que de nouveaux produits sont réglementés.
  • Moins d’immédiateté dans les résultats : Les agriculteurs habitués aux engrais chimiques à réponse rapide doivent s’adapter à une gestion différente. La fertilisation organique agit de manière plus lente mais soutenue. Les avantages pour le sol peuvent prendre des mois ou des années à se faire pleinement sentir (par exemple, l’augmentation de la matière organique), ce qui nécessite une vision à long terme.

Avec une bonne planification, ces défis peuvent être surmontés. Par exemple, en combinant différentes sources (libération lente et rapide), en intégrant des biostimulants qui renforcent l’assimilation (comme nous le verrons plus loin), et en ajustant les pratiques agronomiques, la productivité peut rester élevée de manière organique.

Adoption en Europe et en Amérique latine

Tant en Europe qu’en Amérique latine, l’intérêt pour les fertilisants écologiques a cessé d’être marginal pour devenir une tendance dominante :

  • Europe : L’Union européenne est à la pointe des politiques pour une agriculture plus verte, avec des objectifs ambitieux de conversion à la production biologique. Des pays comme l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne sont en tête de la superficie consacrée à l’agriculture biologique dans la région. Dans l’UE, un soutien actif est apporté aux agriculteurs biologiques par le biais de subventions et de programmes de formation. Le résultat est un marché biologique mature et en croissance constante. Les engrais organiques en Europe vont des intrants artisanaux dans les petites exploitations biologiques aux produits commerciaux avancés développés par l’industrie. De nombreuses entreprises européennes proposent des engrais granulés organiques, des extraits humiques, des biofertilisants microbiens, etc., avec une certification pour une utilisation biologique. De plus, la conscience environnementale européenne fait que même les agriculteurs conventionnels réduisent les engrais chimiques et ajoutent du compost ou des produits biologiques pour améliorer leurs sols.
  • Amérique latine : La région, avec sa grande biodiversité et sa tradition agricole, adopte également de plus en plus la fertilisation organique. Des pays comme l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil possèdent de vastes zones biologiques certifiées, notamment dans l’élevage, la viticulture et certaines cultures d’exportation. En Amérique centrale et dans les Caraïbes également, l’agriculture biologique s’est développée, stimulée par des créneaux de marché (par exemple, le café biologique, le cacao biologique, le quinoa dans les Andes, etc.). Un facteur important en Amérique latine est le coût et la disponibilité des engrais chimiques : ces derniers temps, la volatilité des prix internationaux des engrais (par exemple, l’urée, les phosphates) a frappé les producteurs locaux, les incitant à utiliser des sources locales (fumiers, résidus agricoles) comme engrais. Un cas illustratif est celui du Brésil, où la dépendance aux engrais importés (notamment de Russie) a conduit le gouvernement et le secteur privé à promouvoir des alternatives nationales. Des investissements sont réalisés dans les reminéralisateurs (farine de roches) et les engrais biologiques pour réduire la vulnérabilité externe. Ce mouvement a reçu une forte impulsion après les tensions géopolitiques qui ont renchéri les intrants chimiques, démontrant l’importance stratégique des engrais organiques et biologiques. En général, l’Amérique latine a un grand potentiel pour produire ses propres engrais naturels grâce à son activité d’élevage (grande disponibilité de fumier), ses agro-industries (résidus qui peuvent être compostés) et ses connaissances traditionnelles (utilisation ancestrale du guano, compostages locaux, etc.).

Les deux régions, avec leurs différences, convergent pour reconnaître que nourrir la terre de manière écologique est la voie vers une agriculture résiliente. L’augmentation des hectares écologiques année après année confirme cette direction.

Conclusion : Vers un modèle agricole plus vert

Les engrais biologiques, organiques et écologiques représentent un changement de paradigme dans la nutrition végétale. Il ne s’agit pas seulement de remplacer les intrants chimiques par des intrants naturels, mais de favoriser un système agricole régénératif où le sol s’améliore à chaque cycle et où la biodiversité est l’alliée de la production. L’Europe et l’Amérique latine progressent dans cette voie, partageant des connaissances et des expériences qui démontrent que la productivité et la durabilité peuvent aller de pair.

En définitive, l’adoption de ces alternatives entraîne des sols plus vivants, des plantes plus saines et des écosystèmes agricoles équilibrés. Pour l’agriculteur, cela peut signifier l’indépendance vis-à-vis des intrants coûteux, une valeur ajoutée dans ses produits et la tranquillité de produire de manière responsable. Et pour le consommateur, des aliments plus sûrs et un environnement protégé.

Chez Ecoganic.eu, nous comprenons l’importance de ces intrants durables. C’est pourquoi notre mission est de fournir des engrais écologiques de haute qualité qui respectent les réglementations européennes et latino-américaines, aidant ainsi les agriculteurs à améliorer leurs rendements sans compromettre la santé de la planète. La fertilisation organique n’est pas seulement une technique, c’est une philosophie où nourrir la terre aujourd’hui garantit l’alimentation de demain.


Biostimulants écologiques : des boosters naturels pour la croissance des cultures

La recherche de rendements agricoles plus élevés avec un impact environnemental moindre a conduit à l’adoption croissante des biostimulants écologiques. Ces produits innovants, élaborés à partir de substances naturelles ou de micro-organismes, « stimulent les processus de nutrition des plantes » pour améliorer leur vigueur et leur productivité. Contrairement aux engrais traditionnels qui fournissent directement des nutriments, les biostimulants agissent comme des catalyseurs de la croissance végétale : ils améliorent l’efficacité avec laquelle les plantes utilisent les nutriments, augmentent leur résistance au stress (sécheresse, salinité, températures extrêmes) et augmentent la qualité des récoltes.

Ces dernières années, l’utilisation de biostimulants a explosé tant en Europe qu’en Amérique latine, reflétant une tendance mondiale. Le marché mondial de ces intrants a atteint 3 milliards de dollars en 2023 et devrait doubler d’ici la fin de la décennie. L’Europe a été pionnière dans leur adoption, mais l’Asie et l’Amérique latine devraient bientôt la dépasser, l’Amérique latine étant la région à la croissance la plus rapide dans ce domaine. Cet essor répond à la nécessité d’une agriculture plus efficace et durable, où chaque goutte d’engrais compte et où chaque plante peut atteindre son potentiel génétique, même dans des conditions défavorables.

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Helson George

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